13 mars 1992

Agonie

Arrête-toi, respire et dors...
Regarde moi et tend la main
Non ! Ne pars pas ! Attends-moi
Là, calmement, ne bouge pas

Lentement, tu sens la paix entrer dans la maison
Tes mains ne tremblent plus et ton âme s'appaise
Lentement, tu fermes les yeux et abolis les sons
Silencieux et magique, comme un amant de neige

Tu n'es plus que silence et paix
Ton âme s'élève à travers les étoiles
Alors oubliant la folie et les plaies
Tu laisses s'écouler ton sang sur mon voile

Ennivrante agonie du Prince de la Vie
Qui sent finir son corps langoureusement
Entends-tu mes mains qui cherchent ton visage ?
Je suis la mort et tu entres par mes yeux

La vie s'échappe doucement de ce corps douloureux
La passion et la joie n'ont plus aucun sens
Ton âme s'élève et envahis les cieux
Alors que c'est ton coeur que tes semblables enscencent

Maintenant, tu n'appartiens plus à la vie
Ton image est gravée sur la pierre immortelle
Et ce matin, tu ouvriras mes yeux.
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# Posté le mardi 05 décembre 2006 05:03

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 11:18

13 mars 1992

Qui suis-je ?

Etre la main qui caresse ou
être celle qui frappe
Etre la main qui donne ou
être elle qui prend
Etre celui qui construit ou
celui qui détruit
Etre un baiser ou
une morsure

Chaque jour tu devras choisir qui tu es
Chaque nouveau matin, tu devras être une nouvelle main.

# Posté le mardi 05 décembre 2006 05:06

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 11:19

30 mars 1992

Souplesse

Quand elle marche dans la ville
Comme on caresse un chat
Balançant ses hanches agiles
Au rythme de ses pas

On la croirait sortie
D'un conte pour enfants
Où une jolie princesse
Marche sur les nuages

Les yeux pleins de soleil
Quand elle marche sous la pluie
Les yeux pleins de lumière
Elle explose les nuages
En fine pluis de christal

Quand elle marche tranquille
En rêvant de voyages
On la voudrait sucrée, nue,
Mais moins sage.
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# Posté le mardi 05 décembre 2006 05:11

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 11:19

12 décembre 1991

Légende

La légende s'élève
Et envahis l'espace
De ses ailes immenses

Transcendant un instant
Au dessus de l'Esprit
De son regard vivant
L'âme de la montagne
Embrasse l'horizon
Aux frontières humaines

La légende aérienne
A travers les brumes
Suit la voix de l'Esprit
Et les rêves mortels
Et dans un battement
De son aile immortelle
Tourne le grand Totem
Au dessus de la vie

Sage et glorieux Esprit
Que les guerriers racontent
Au feu de mille nuits
Et que mille esprits
Raconteront encore
A mille autres esprits

Quand la trop jeune vie
Trop innondée d'espoir
S'éveille sans comprendre
Au matin du savoir
Parceque la Légende
Riche d'incantations
Appelle en trépassant
L'Esprit de la montane
Wakantanka lui-même
Pleure les temps anciens
Perdus dans la poussière
Et les esprits humains

Sage et glorieux Esprit
Endormi à jamais
Dans ta montane vide
N'oublie pas la Légende
Qui survole à jamais
La forêt des histoires
Volées aux temps anciens
Et qui ne meurt jamais.
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# Posté le mardi 05 décembre 2006 05:22

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 11:20

20 janvier 1992

Les nomades du grand désert blanc

Plus légère encore que le sable du désert,
L'âme de l'enfant qui vient de céder à la faim
L'âme douce et torturée que la mort vient d'emporter
Transcende lentement
Au dessus du petit oasis mourant
Dans lequel les touaregs ont planté leurs tentes.
Ils sont une vingtaine
Une tribu
Trois ou quatre familles
Trois générations
Nés au Niger ou en Algérie
Mais fils du Sahara.
Hommes du désert
Persécutés pour leur naissance libre entre les dunes
Persécutés parcequ'ils ne connaissent pas de frontière
Fils des grains de sables, nourris par une chamelle.

La sécheresse, comme une malédiction,
S'est abattue sur le désert
Plus un oued où l'eau coule
Et ce sont les enfants qui partent les premiers

De l'autre coté du grand désert blanc,
La mer
Après la mer,
La richesse superficielle du plus vieux continent,
Dit-on.
La civilisation maitresse et exemplaire,
Croit-on.
Là s'envole un âme
Plus légère encore que l'air qu'elle respirait
Air pollué et lourd de pourriture
L'âme d'une enfant qui vient de céder
Au dernier assaut de cet homme
Au dernier coup de cette femme
Aux dernières tortures de ces monstres
Qui sont ses parents, dit-on.
Là, dans sa tour de béton,
Attachée nuit et jour au radiateur brûlant
Plus chaud encore que le sable du désert
Quand le soleil est au zénith
La fillette attendait chaque jour
Avec plus de terreur
Les coups et les violences de la nuit tombée

Civilisation avancée, trop avancée et avancée trop vite
Qui ne suit pas le train mené par les trops grands
Parcequ'il va trop vite
Qui ne suit pas le pas de ses propres enfants
Parceque pas le temps
Civilisation maitresse
Qui enferme et torture la colombe et l'enfant
Qui tue la différence et vénère l'argent
Civilisation maitresse
Qui colonise l'esprit des peuples encore enfants
Pour en faire des parents
Qui torturent à leur tour
Les nomades du grand désert blanc.
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# Posté le mardi 05 décembre 2006 05:38

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 11:21